Archives pour la catégorie chroniques linguistiques

Des élections? Tous partis pour la gloire!

Dans ce capharnaüm électoraliste des dernières semaines, les oreilles nous frisent et nos yeux se plissent devant, non pas les promesses futiles et les discours de bas étage que débitent nos futurs élus, mais bien devant les écarts de grammaire que nous entendons et que nous lisons. Entre autres, nos candidats – de tout acabit – commettent-ils une erreur lorsqu’ils parlent d’UNE élection plutôt que DES élections? Les différents médias qui couvrent les faits et gestes des chefs de partis ont-ils une idée de l’orthographe grammaticale que l’on doit employer pour désigner le nom des partis politiques? Écrit-on Parti Libéral du Québec ou Parti québécois? Québec Solidaire ou Coalition avenir Québec?

Tentons d’y voir un peu plus clair. Lire la suite

Un Noël étymologique…

Entre le bœuf et l’âne gris, le sapin et la crèche, les cantiques et la messe de minuit, le gui et les baisers, les poignées de mains et le rhume que tout le monde attrape, les cadeaux et le mousseux, la tourtière et la dinde, les atocas et la bûche, l’eau gazeuse et l’antiacide pour calmer les effets de vos abus de bonne chère, vous êtes-vous déjà demandé d’où vient le nom de la fête de Noël? Lire la suite

À… ou de ?

La semaine dernière, une enseignante m’a demandé de lui expliquer l’emploi des prépositions à et de après un nom dans une phrase, lorsque l’on veut souligner l’appartenance. À l’oral, il nous arrive souvent de dire ou d’entendre : « le manteau à Céline » ou « les souliers à Marie ».  Est-ce fautif ? Devrait-on employer la préposition de plutôt que le à ?

Lire la suite

J’haïs l’hiver! Maudit hiver!

Un hideux hockeyeur hollandais et hautain des Huskies hachait au hachoir en hachis le hamburger d’un handicapé pendant qu’un hibou et un harfang hululaient dans un halo hasardeux du haut d’une hutte.

Quelle phrase aussi bizarre que dénuée de sens! Pourtant, les plus habiles d’entre vous auront remarqué une constance dans certains des mots qui composent cette phrase… Oui! Ils commencent par un h aspiré. Mais qu’est-ce donc cette notion de h aspiré? Voici.

Comme vous le savez probablement, la langue française est composée de mots qui puisent leur source un peu partout sur la planète. Certains ont pour origine les langues anglo-saxonnes et germaniques… et ils commencent par un h… aspiré.

Mais comment savoir si un mot commence par un h aspiré ou un h muet?

Malheureusement, seul le dictionnaire peut nous aider à faire le tri dans cette multitude de vocables qui commencent par la lettre h. Cependant, sachez que si un mot comme haïr commence par un h aspiré, tous ses dérivés (haine, haineux, haineusement, haïssable) en feront de même.

Y a-t-il une règle grammaticale à respecter avec ces mots?

De façon générale, il faut éviter d’élider une voyelle devant un mot commençant par un h aspiré. Par exemple, il faut écrire le handicapé plutôt que l’handicapé, la hernie plutôt que l’hernie, le hibou plutôt que l’hibou, etc.

Ainsi, c’est avec une grande perspicacité que vous remarquerez que l’erreur de grammaire dans le titre de cette capsule (j’haïs plutôt que je hais) constitue une coquetterie d’auteur et fait référence à une chanson de Dominique Michel…

Finalement, dans un dessein pédagogique, voici la question à 100 $ : le mot hiver commence-t-il avec un h aspiré ou un h muet?

Sources :

De Villers, M. (2010). Multidictionnaire de la langue française. Montréal : Éditions Québec Amérique.

Ray, A. (2006). Dictionnaire historique de la langue française. Paris : Dictionnaires LE ROBERT.

Un banc de neige à pelleter

 Êtes-vous de ceux qui frémissent de plaisir à voir s’accumuler les centimètres de neige lorsqu’il y a une tempête? À l’inverse, êtes-vous de ceux qui fulminent devant ces amas de flocons blancs qui s’entassent soit à cause du vent soit à cause d’un déneigement à grand déploiement? Que vous soyez charmé ou découragé, la réalité du banc de neige québécois ponctue nos hivers, et ce, six mois par année. Commettons-nous un anglicisme lorsque l’on parle de banc de neige? Devrions-nous adopter le terme congère pour parler de nos compagnons saisonniers?

Si l’on questionne le grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française, nous pourrons y trouver cette réponse :

Banc de neige a souvent été perçu, à tort, comme un calque de l’anglais snow bank. En fait, les premières attestations en français du Canada remontent au moins au début du XVIIIe siècle, soit avant la Conquête anglaise, et on trouve des traces de cette dénomination notamment dans les anciens parlers du nord de la France. C’est un emploi aussi légitime que l’est banc de sable, qui est construit sur le même modèle.

Le nom féminin congère, avec qui il se trouve parfois en compétition, surtout dans les médias, est entré récemment dans la langue française au Québec et il désigne, dans son emploi français (de France), un amas de neige formé sous l’action du vent.

 

Pour ce qui est du terme congère, le dictionnaire étymologique du logiciel Antidote 8, nous relate un emprunt à l’arpitan (langue parlée traditionnellement en Suisse romande, en France dans la région Rhône-Alpes et dans le nord-ouest de l’Italie) konzhîre et au latin classique congestus signifiant ‘accumulé’, participe passé de congerere, ‘accumuler’.

Banc de neige ou congère, peu importe le choix que vous ferez, il faudra sortir pour pelleter ces accumulations!

Défi à 100 $ : Conjuguez le verbe pelleter à tous les modes et à tous les temps simples : en les récitant à voix haute, vous devrez fournir des efforts intellectuels pour bien prononcer les syllabes…

Sources :

Druide informatique inc. (2013). Antidote 8 [logiciel]. Montréal : Druide informatique inc.

Site Internet de l’Office québécois de la langue française (www.olf.gouv.qc.ca).

Bouquet de couleurs

Mère nature nous démontre à nouveau ses talents de coloriste inspirée et, comme à chaque année, nous pouvons admirer ses œuvres paysagères qui nous rapprochent du divin… Cependant, comme nous avons encore les pieds sur le sol, nous nous devons de respecter quelques règles terrestres, entre autres, celles – grammaticales! – qui concernent l’accord des adjectifs de couleur. Lire la suite