L’atelier de correction collective; une clé pour alléger la tâche de correction des épreuves de fin d’année

À l’heure où les examens de fin d’année pullulent, survient un autre phénomène indissociable des examens : la correction. Bien que plusieurs de ces évaluations puissent être élaborées et gérées à même les commissions scolaires, d’autres, plus formelles, sont de passation obligatoire… et ministérielle! Qu’il s’agisse d’épreuves d’établissement ou d’épreuves ministérielles du primaire et du secondaire, la plupart d’entre elles doivent être corrigées par les enseignants (à l’exception de l’épreuve unique d’écriture de 5e secondaire qui fait l’objet d’une correction centralisée par le Ministère à Québec). Chaque année, maints correcteurs se posent des questions sur la justesse de leur jugement professionnel quant aux décisions qu’ils doivent rendre sur les copies de leurs élèves. Chaque année, maints correcteurs angoissent en sachant que la note des épreuves obligatoires qu’ils ont administrées comptera pour 20 à 50 % des compétences ciblées par lesdites épreuves ministérielles. Existerait-il un moyen de partager toute cette pression que représente l’appropriation des examens et d’en faire une correction juste, égale et équitable pour tous les élèves?

Peut-être que l’atelier de correction collective serait la réponse à cette question…

Appropriation et compréhension de la grille d’évaluation (et des guides d’administration et de correction);

Tout d’abord, l’enseignant qui doit administrer une ou plusieurs (c’est le cas des enseignants du primaire) épreuves obligatoires doit s’en approprier le contenu. Certaines commissions scolaires offre des « séances de présentation » des épreuves par des conseillers pédagogiques quand ces dernières parviennent dans les établissements. Une première appropriation peut s’effectuer à ce moment. Évidemment, une lecture plus approfondie sera nécessaire pour en comprendre toutes les teneurs. Puis, les premières minutes d’un atelier de correction collective pourraient servir à répondre aux questions des participants; préciser des points précis en lien avec la grille d’évaluation et du Guide d’administration et de correction; etc. Par la suite, la correction proprement dite d’une même copie par tout le groupe permet de parcourir chacun des critères d’évaluation et d’en faire une interprétation commune à l’aide des documents fournis par le Ministère.

Extraits de certains guides d’administration et de correction du Ministère (juin 2016) :

Guide de correction – Épreuve d’écriture de 6e année du primaire – Juin 2016

« Les échanges entre les membres d’une même équipe aident à mieux comprendre la grille d’évaluation et les explications fournies dans le Guide de correction. À cette étape de la démarche, le travail en équipe contribue à diminuer la subjectivité de la correction. » (p. 39)

Guide d’administration et de correction – Épreuve d’écriture de 2e année du secondaire – Juin 2016

« Des sessions de correction collective et d’autres activités de consolidation peuvent contribuer à l’appropriation de la grille d’évaluation par les enseignants et, par conséquent, à la convergence des jugements portés à l’aide de cette grille. » (p. 22)

Convergence du jugement (diminution de la subjectivité de la correction)

L’appropriation de la grille d’évaluation et des documents qui l’accompagnent a pour but principal de diminuer la subjectivité dans la correction. Il est certain qu’une part de subjectivité est inévitable, car nous corrigeons ce que nous avons enseigné pendant l’année (pour ce qui est des critères 4 et 5 en français); il y a des particularités partout. Cependant, en recourant à des échanges entre collègues, nous en diminuons l’impact (surtout pour les critères 1 et 2 en français) et favorisons une convergence du jugement. Les guides d’administration et de correction sont ainsi conçus pour que chaque critère d’évaluation soit suffisamment détaillé afin de nous permettre de ne pas trop nous égarer dans des interprétations.

Formation continue des enseignants en insertion professionnelle, échange des pratiques de correction et partage d’outils;

Chaque année, les équipes de travail accueillent de nouveaux membres en leur sein (ces derniers enseignent pour la première fois une matière, un niveau). Inévitablement, ce sera aussi sans doute la première fois qu’ils auront à administrer et à corriger une épreuve de fin d’année, ministérielle ou non. L’atelier de correction collective peut contribuer à faciliter le rapport avec ce genre d’évaluation en favorisant l’échange et l’observation des méthodes de correction de tous les membres d’une même équipe. Il ne faut pas non plus négliger que ces dialogues amènent les participants à partager leurs points de vue sur les copies d’élèves et parfois même des outils de correction ou d’analyse des erreurs qui permettent de donner une meilleure rétroaction sur les copies corrigées.

Problème de la « pudeur professionnelle »

Dans le cadre d’une activité telle que l’atelier de correction collective, certains enseignants auront peut-être une certaine difficulté à partager leur point de vue et leurs pratiques correctives parce qu’ils craignent d’être jugés par leurs homologues. C’est ce qui sera appelé ici la « pudeur professionnelle ». Qu’ils soient très expérimentés ou très peu familiers avec la correction d’une épreuve ministérielle ou d’une épreuve commune d’établissement, tous les enseignants auraient avantage à participer à ces ateliers. C’est justement parce que notre œil est différent, parce que notre expérience est différente, parce que nos pratiques correctives sont différentes, parce que nos élèves sont différents que nous devrions participer à ces activités de correction. En partant du principe que nous apprendrons de tous les membres d’une même équipe, nous ne devrions pas être gênés de partager notre façon de corriger. Il s’agit d’une opportunité de nous connaître davantage entre nous… et personnellement. Peut-être que des constats d’équipe seront faits et que des besoins en formation seront identifiés…

Valeurs fondamentales et instrumentales de l’évaluation

Enfin, il ne faut pas négliger les valeurs d’une évaluation. Dans sa Politique d’évaluation des apprentissages (p. 9 à 11), le Ministère énonce les valeurs fondamentales (justice, égalité, équité) et instrumentales (cohérence, rigueur, transparence) de l’évaluation. Il va sans dire qu’il existe un lien étroit entre évaluation et correction. Surtout quand il est question des valeurs qui y sont attachées. Une évaluation comme une correction, qu’elle soit ministérielle ou d’établissement, doit arborer les principes de justice (les droits des élèves), d’égalité (uniformité des exigences) et d’équité (caractéristiques individuelles ou communes; adaptations, le cas échéant). Les principes de cohérence (validité et appui sur le plan d’intervention de l’élève, s’il y a lieu), de rigueur (exactitude et précision) et de transparence (normes et modalités des évaluations connues de tous; rétroaction claire et accessible) sont aussi importants, et ce, même si les élèves ne pourront peut-être pas voir les marques de correction et la rétroaction de leurs derniers examens. Nul ne sait quand une révision de note pourrait être demandée…

Bref, d’autres bonnes raisons de discuter et de partager nos points de vue et nos pratiques de correction en équipe de travail.

En passant, votre conseiller pédagogique pourrait vous être d’une aide fort utile à organiser ces rencontres…

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