Archives mensuelles : janvier 2016

Prix de reconnaissance en lecture 2016 – J’ai la tête à lire

Encore cette année, le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MEESR) tient à récompenser les initiatives qui visent à promouvoir la lecture dans le milieu scolaire :

  • Les prix de reconnaissance récompensent des projets réalisés au préscolaire, au primaire,  au secondaire, à la formation professionnelle ou à la formation générale des adultes. Il faut envoyer un formulaire de présentation avant le 25 mars 2016. Toutes les informations se trouvent ici.
  • Le prix Étincelle reconnaît l’implication de personnes passionnées qui font la promotion de la lecture dans leur milieu scolaire. Le formulaire doit être complété avant le 12 avril 2016. Pour plus d’information, cliquez ici.
  • Le prix Robert-Bourassa est une nouvelle récompense pour les projets originaux, novateurs et rassembleurs qui font la promotion de la langue française. Le formulaire doit être complété avant le 18 mars 2016. Si vous souhaitez en savoir davantage, cliquez ici.

 

Il est très valorisant d’être reconnu dans son milieu, mais également provincialement. Si vous croyez avoir réalisé des projets admissibles ou connaissez des personnes dont les actions pourraient être soulignées, n’hésitez pas à soumettre une candidature !

 

La lecture et toutes ses dimensions

Qu’est-ce que lire?

Lire, c’est comprendre. Lire, c’est recevoir le message d’un auteur. Giasson (La lecture – de la théorie à la pratique p.11-12-13) nous explique que lire est un processus actif de langage. C’est une conversation entre l’auteur et le lecteur au moyen de l’écrit. En tant que lecteur, nous déchiffrons et comprenons effectivement ce que l’auteur veut nous communiquer, nous y réagissons, nous en interprétons des bouts et nous sommes en mesure de nous positionner sur ce qui nous a été transmis par la voie écrite.

L’école a un rôle déterminant à jouer quand vient le temps de créer des lecteurs. Comme décrit plus haut, un lecteur aura développé différentes habiletés en lien avec la lecture. Les dimensions de la lecture déclinées dans nos critères d’évaluation (Cadre d’évaluation des apprentissages, Français, langue d’enseignement, Primaire) démontrent bien que lire est un acte complexe où plusieurs habiletés sont utilisées conjointement. Cette complexité doit être exploitée de manière à accompagner les élèves.

Souvent, comme enseignants, nous sommes portés à consacrer plus de temps et d’énergie à la compréhension, aux stratégies de lecture, etc. C’est un réflexe qui s’explique, entre autres, par le fait que ce critère d’évaluation a une pondération plus importante dans les épreuves ministérielles ainsi que par le fait qu’un élève doit être capable de comprendre pour ensuite être en mesure de réagir, d’apprécier et d’interpréter un écrit. Certes, comprendre est la base de la lecture et ce n’est pas une mince affaire! Cependant, il importe de se soucier des trois « autres » dimensions de la lecture.

 

Pourquoi consacrer plus de temps et d’énergie aux trois composantes de la lecture qui sont évaluées plus légèrement?

Avant tout, dans un souci d’enseigner la compétence dans sa globalité! Pour que la lecture soit enseignée dans un contexte authentique, il est pertinent de songer à vivre des activités qui touchent l’essence de ce qu’est lire. Oui, nous segmenterons les habiletés liées à la lecture afin de les enseigner de manière explicite, mais l’idée est d’amener l’élève à en arriver à l’acte global qu’est lire.

Ensuite, en posant un regard plus pratique sur les attentes ministérielles, on peut en conclure que la compréhension pèse plus lourd dans la pondération des épreuves. Cependant, l’élève qui n’a pas suffisamment été accompagné dans le développement complet de sa compétence à lire, notamment en regard aux habiletés à réagir, interpréter et apprécier, se trouve dans l’impossibilité de réussir pleinement sa tâche évaluative avant même de l’avoir commencée. On pénalise donc nos élèves quand on fait le choix conscient de négliger les « autres » dimensions de la lecture.

Finalement, l’analyse des données dans notre commission scolaire révèle qu’en lecture, les critères à réagir, interpréter et apprécier sont les zones de vulnérabilité de nos élèves. Si nos élèves sont maintenant bons en compréhension, c’est que nous savons leur enseigner les stratégies et les placer dans des contextes d’apprentissage efficaces. Nos données justifient qu’on porte une attention plus particulière aux « autres » critères, malgré le plus petit nombre de questions aux épreuves.

 

Comment enseigner la compétence à lire dans sa globalité?

La lecture doit se vivre dans des contextes variés en classe, le Programme nous le demande. Mais soyons honnêtes, c’est aussi motivant et stimulant de varier les approches pour travailler la lecture. Ces quelques exemples de contextes permettront une approche globale de la compétence.

Les tâches de lecture qu’on fait vivre aux élèves sont importantes. Elles sont le format utilisé pour les évaluer alors il importe d’enseigner aux élèves comment répondre adéquatement et à l’écrit à des questions portant sur un texte lu. L’enseignement rigoureux et explicite se veut très aidant.

Les discussions autour d’un livre ou d’un texte sont aussi riches que pédagogiquement justifiées. Par exemple, en contexte de lecture interactive, l’enseignant a l’occasion de se montrer comme un modèle de lecteur efficace. Les élèves apprennent à observer le livre, à se questionner sur ce qu’ils liront, à émettre des hypothèses, à se donner une intention de lecture, à réfléchir tout au long du livre. Ils partageront ensuite leur compréhension, échangeront à propos de leurs réactions, leurs interprétations, apprécieront le livre. Tous ces échanges permettent de construire ensemble. Certains prendront plus de risques alors que d’autres écouteront les réflexions des autres pour faire des liens et cheminer à leur manière. En pratique coopérative, les élèves pourront confronter leurs réactions, interprétations ou appréciations oralement ou par écrit. Qui a dit qu’il est obligatoire de travailler à l’écrit chaque fois qu’on lit?

La tenue d’un journal de lecture permettra à l’élève de réfléchir à ce qu’il lit et à se voir évoluer. Différents formats permettront aux élèves de favoriser cette réflexion. Qu’il soit rempli individuellement ou encore en équipes, qu’il serve à supporter des échanges lors d’un cercle de lecture ou à garder des traces que l’enseignant pourra utiliser pour donner de la rétroaction à l’élève, l’utilisation du journal de lecture ne se veut pas lourde, mais constructive. C’est un bon moyen de recueillir les réactions, interprétations et appréciations de l’élève et à petites doses. Qui a dit qu’il est obligatoire d’approfondir toutes les dimensions chaque fois?

L’entretien de lecture permettra à l’enseignant de partager un moment privilégié de lecture avec un élève. L’entretien est aussi une occasion d’évaluer un élève. On se servira de ce moment pour observer comment l’élève utilise ses stratégies et pour accéder plus précisément à ses habiletés en lecture. Ainsi, on comprendra mieux comment l’aider à développer sa compétence.

Les réseaux littéraires permettent de travailler la lecture en observant des ressemblances et des différences entre les œuvres choisies. On peut aborder un thème, un genre littéraire, le style d’un auteur, etc. Les élèves découvriront une variété d’œuvres et apprendront à les explorer en créant des liens entre elles. Il devient alors possible de mettre en valeur certains procédés d’écriture utilisés par les auteurs.