L’importance de la révision d’un texte

Constat : la plupart des élèves ne révisent pas ou peu leurs textes. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils ne savent pas comment faire. Ils relisent, relisent et relisent encore le texte, mais cela se révèle inefficace lorsqu’il n’y a aucune balise ou démarche bien établie. Nos attentes restent trop vagues et inaccessibles et l’évaluation tombe du ciel, bonne ou mauvaise, sans trop d’explication.  Alors, ils retranscrivent le texte et se concentrent uniquement sur la correction.

La révision consiste à améliorer le contenu du texte, par divers moyens. Au cours de cette étape, l’auteur peut :

  • remplacer un mot par un autre plus précis ou remplacer une forme de l’oral familier par une forme plus correcte à l’écrit;
  • déplacer des idées pour regrouper celles qui vont ensemble et réorganiser son texte;
  • effacer un mot ou un groupe de mots qui ne sont pas nécessaires;
  • ajouter un mot ou un groupe de mots pour donner plus de détails;
  • varier la longueur et le début des phrases;
  • s’assurer que le type de texte choisi convient au sujet, à l’intention et au destinataire;
  • améliorer le titre, l’amorce et la chute du texte.[1]

 

Pourquoi enseigner la révision ?

  • L’écriture est un processus complexe qui nécessite un enseignement explicite à partir de modèles et un accompagnement soutenu;
  • Il est difficile, même pour un adulte, de juger seul de son écrit. Il convient donc d’instaurer des approches qui permettent au scripteur de se relire, mais aussi de faire relire son texte par d’autres.
  • La plupart des éléments d’écriture (et des critères d’évaluation !) sont liés à la révision plutôt qu’à la correction.

Cependant, il faut se rappeler que le travail de révision n’est pas d’arriver à un chef d’oeuvre littéraire, mais d’aider l’élève à apprécier l’écriture et à s’améliorer par divers moyens.

 

Quand réviser un texte ?

La prise de distance est souvent ardue pour le scripteur, car il s’est tellement investi dans son écrit qu’il peut avoir de la difficulté à en percevoir les défauts.  Une pause entre l’écriture et la révision, ainsi qu’un regard externe (un ou plusieurs camarades, l’enseignant), s’avère essentiels.

Aussi, l’élève doit avoir un temps distinct pour réviser et un autre moment, plus tard, pour corriger son texte. La révision demandera souvent plusieurs relectures, chacune d’entre elles étant centrée sur un aspect seulement. Pour les enfants, mieux vaut « se concentrer sur la qualité de l’écriture avant de se préoccuper du respect des conventions linguistiques, [car] l’écriture souffre d’une trop grande attention portée à la grammaire et à la mécanique durant le processus de composition ». [Routman, 2005]

Comment enseigner la révision d’un texte ?

 

Utiliser la littérature jeunesse pour observer le style des auteurs : par exemple, lire quelques introductions de récit (ou finale) et faire ressortir les caractéristiques d’une bonne introduction avant d’en écrire une soi-même. On peut faire de même avec les descriptions de lieux ou de personnages, l’humour dans l’histoire, la structure d’un dialogue, l’enchaînement des actions, etc.

 

Relecture à voix haute pour un camarade ou pour plusieurs élèves : cette procédure aide l’auteur à mieux sentir le rythme de son texte, à valider le choix de certains mots et à apprécier le style. De plus, l’auditeur donne des suggestions d’amélioration du texte à l’auteur. Si le texte est long, il est préférable de faire plusieurs lectures en regardant, chaque fois, un aspect différent. C’est une des meilleures approches, mais elle doit cependant être modélisée explicitement avant d’être efficace. Quelques questions pourraient orienter les commentaires : est-ce que l’introduction est accrocheuse ? Est-ce que le texte exprime ce que tu voulais dire ? Est-ce que la fin nous amène à nous poser d’autres questions ? Quelle partie du texte préfères-tu ? Pourquoi ? Quelle partie du texte aimes-tu le moins ? Pourquoi ?

 

Relecture du texte par un autre élève : un camarade est invité à relire le texte pour répondre aux questions de la grille de révision et donner des commentaires sur certains éléments.

 

Lecture à voix haute d’un texte d’élève par l’enseignant : les élèves peuvent proposer des suggestions pour améliorer le texte et l’enseignant, avec eux, dresse une liste des éléments à considérer pour améliorer un texte en général. Sur quoi devrait porter notre attention ?

 

Rétroaction écrite : après une lecture de révision (et non de correction), souligner au moins un aspect positif du texte de l’élève et soulever une ou deux améliorations à faire, de façon claire et précise.

 

Entretien d’écriture avec l’enseignant : tenir une courte rencontre (environ 5 minutes) où l’enseignant peut questionner l’élève autour d’un aspect de son texte, le conseiller, l’appuyer dans sa démarche. L’élève peut aussi poser des questions et demander conseil sur un aspect ou un autre de son écrit. La révision n’a pas à porter sur l’ensemble du texte, surtout s’il est long. Sachant qu’une communication directe est plus efficace qu’une rétroaction écrite, cette rencontre est favorisée, car elle permet un échange et une réflexion plus approfondie.

 

Modelage à partir d’un texte d’élève : utiliser le texte d’un élève projeté sur un écran (ou recopié au tableau) et travailler un aspect de ce texte, devant les élèves, en verbalisant les questions et les commentaires que l’on se pose en cours de route. Illustrer les procédures d’ajout, de remplacement, d’effacement et de déplacement qui permettront à l’élève de communiquer plus clairement son message.

 

Démontrer les attributs essentiels d’un bon texte : à partir de trois exemples de textes classés (*, *** et *****), faire ressortir, par les élèves, les différences entre ces textes. Pourquoi l’un a-t-il mérité une étoile et l’autre 5 étoiles ? Quelles sont les caractéristiques d’un bon texte ? Créer un référentiel avec les élèves qui sera utilisé pour chaque écrit.

 

Utiliser l’approche des textes précurseurs : deux ou trois élèves précurseurs écrivent le texte demandé par l’enseignant avant le reste de la classe, sans balise, avec leurs connaissances. Puis, devant le groupe, ils font la lecture de leurs textes et les autres commentent. La classe définit alors les forces et les éléments à retravailler, ce qui permettra de se faire une idée très précise de ce qui est attendu avant de commencer. Les précurseurs, quant à eux, auront de nombreuses suggestions pour améliorer leurs textes. Tous les élèves y trouvent ainsi des avantages.

 

Lire et écrire souvent, beaucoup, passionnément, à la folie…

 

[1] Informations adaptées à partir du Guide d’enseignement efficace de la 4e à la 6e année – L’écriture, p. 69.

Publicités

6 réflexions au sujet de « L’importance de la révision d’un texte »

  1. Comment puis-je faire pour avoir accès au WORDPRESS en lien avec la bibliographie… ? Entre parenthèse (1) ? [1] Informations adaptées à partir du Guide d’enseignement efficace de la 4e à la 6e année – L’écriture, p. 69.
    Lorsque je clique sur le « 1 », on me dit que je n’ai pas accès ? Est-ce seulement la référence ?

    Merci 🙂

  2. La révision, une étape si importante! Peut-être que pour motiver les élèves, on pourrait leur mentionner que certains adultes gagnent leur vie à réviser les textes des autres? J’en suis! 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s